Voltaire (1694 – 1778) incarne l’une des figures majeures du XVIIIe siècle et du mouvement des Lumières. Son œuvre se déploie sous le signe de la critique : critique des dogmatismes, de l’intolérance religieuse et des abus politiques. Chez lui, la littérature devient instrument de combat intellectuel.
Né à Paris, formé dans les milieux lettrés, Voltaire connaît l’exil, l’emprisonnement et les controverses. Cette trajectoire nourrit une œuvre immense — tragédies, essais historiques, correspondance, contes philosophiques — dont Candide demeure l’expression la plus célèbre. À travers la fiction, il dénonce l’optimisme naïf et les violences de son temps, préférant une sagesse pratique à toute spéculation excessive.
Son engagement en faveur de la tolérance religieuse et de la justice s’illustre notamment dans ses interventions publiques, comme l’affaire Calas. Voltaire ne cherche pas à élaborer un système philosophique complet ; il privilégie la clarté, l’ironie et l’efficacité polémique. La raison doit servir à libérer les esprits.
Son opposition avec Jean-Jacques Rousseau révèle deux visages des Lumières. Là où Rousseau interroge la corruption sociale et la volonté générale, Voltaire défend une conception plus pragmatique du progrès et de la liberté individuelle. Cette tension structure en partie les débats intellectuels qui précèdent la Révolution française.
Voltaire demeure ainsi une référence essentielle pour comprendre la modernité européenne. Par son usage de la satire et par son combat en faveur de la tolérance, il affirme que la littérature peut être un levier de transformation morale et politique.