Louis de Bonald (1754-1840) est un philosophe et penseur politique français, figure majeure du courant contre-révolutionnaire. Issu de la noblesse provinciale, il reçoit une formation classique et se destine d’abord à une carrière administrative. La Révolution française constitue pour lui une rupture radicale, à la fois politique, morale et métaphysique, qui le pousse à l’exil. C’est dans ce contexte qu’il élabore sa pensée.
En 1802, il publie La Législation primitive, son ouvrage le plus systématique et le plus ambitieux. Dans ce livre, Bonald affirme que les lois humaines ne sont pas des constructions arbitraires, mais dérivent de lois premières, d’origine divine et naturelle. La société, selon lui, précède l’individu : la famille, le langage et l’autorité sont des réalités fondatrices, antérieures à toute volonté humaine. Contre l’individualisme moderne, il défend une vision organique de la société, structurée par la tradition et la hiérarchie.
La Législation primitive s’attaque frontalement aux principes des Lumières et à l’héritage révolutionnaire, qu’il juge responsables de la désagrégation sociale. L’ouvrage exerce une influence durable sur la pensée conservatrice française et catholique. Bonald poursuivra cette réflexion tout au long de sa vie, devenant sous la Restauration un intellectuel respecté, académicien et théoricien majeur de l’ordre social traditionnel.