Octave Mirbeau naît le 16 février 1848 à Trévières, en Normandie. Issu d’une famille bourgeoise, il reçoit une éducation chez les jésuites, expérience fondatrice qu’il dénoncera toute sa vie.
Il débute comme journaliste et se forge très tôt une plume violente, ironique et polémique. Ses chroniques attaquent la morale bourgeoise, le cléricalisme et l’autorité.
Après des débuts politiques ambigus, il rompt radicalement avec les milieux conservateurs. Son engagement devient libertaire, individualiste et humaniste.
Mirbeau se fait connaître comme romancier avec Le Calvaire (1886), récit autobiographique d’une cruauté lucide. L’Abbé Jules (1888) provoque un scandale par sa dénonciation de la religion et de la répression des instincts. Il connaît un large succès public avec Le Journal d’une femme de chambre (1900), portrait implacable de la bourgeoisie française. Au théâtre, Les Affaires sont les affaires (1903) triomphe en dénonçant la toute-puissance de l’argent.
Mais c’est Le Jardin des supplices (1899) qui constitue le cœur le plus radical de son œuvre. Ce roman, à la structure fragmentée, mêle érotisme, violence et satire politique. À travers un jardin de tortures en Chine, Mirbeau dévoile la barbarie cachée des sociétés civilisées. Le livre choque par sa violence et son pessimisme radical. Il y attaque frontalement le pouvoir, la justice, le colonialisme et la morale occidentale. Le Jardin des supplices apparaît comme une méditation noire sur la cruauté humaine.
Mirbeau soutient les artistes d’avant-garde, notamment les impressionnistes, il s’engage aussi publiquement en faveur du capitaine Dreyfus.
Octave Mirbeau meurt à Paris le 16 février 1917, laissant une œuvre violemment libre et profondément subversive.