André Suarès naît à Marseille en 1868. Écrivain, poète, critique et moraliste, il appartient à cette génération pour qui la littérature engage toute une conception de l’homme.
Brillant élève, passé par l’École normale supérieure, il choisit pourtant une existence indépendante, souvent solitaire, loin des carrières établies et des écoles littéraires.
Son œuvre est immense et diverse : poésie, théâtre, essais, portraits d’écrivains, réflexions sur l’art, la musique et l’histoire. Il écrit sur Pascal, Shakespeare, Tolstoï, Baudelaire, Beethoven, Wagner, Napoléon ou encore Dostoïevski.
Nietzsche exerce sur lui une influence profonde. Suarès partage avec lui le goût de la grandeur, de l’individu exceptionnel, de l’art et du dépassement de soi. Il admire aussi son refus de la médiocrité et des conformismes.
Mais Suarès ne demeure pas nietzschéen. Dostoïevski devient pour lui une figure plus profonde encore.
Il voit dans l’écrivain russe celui qui a exploré les mêmes abîmes de révolte, d’orgueil et de puissance que Nietzsche, mais qui les a traversés par la souffrance, la pitié et l’amour.
Suarès résume cette opposition dans une formule célèbre : « En Dostoïevski, j’admire un Nietzsche racheté. »
Toute son œuvre se construit ainsi dans cette tension entre force et charité, orgueil et compassion, grandeur individuelle et salut.
Auteur du Voyage du Condottière et de nombreux essais consacrés aux grandes figures européennes, Suarès demeure un écrivain difficile à classer, passionné par les hommes qui portent leur existence jusqu’à ses extrêmes.
Mort en 1948, il laisse une œuvre ardente et singulière, où Nietzsche, Pascal et Dostoïevski dialoguent autour d’une même question : qu’est-ce qu’un homme véritablement grand ?
Vous souhaitez proposer Classique Audio à plusieurs personnes ? Présentez-nous brièvement votre projet et nous vous proposerons une formule adaptée.