Les Frères Grimm, Jacob (1785 – 1863) et Wilhelm (1786 – 1859), occupent une place essentielle dans la transmission des contes populaires européens. Philologues et collecteurs allemands, ils ne se contentent pas d’écrire des histoires : ils recueillent et fixent une tradition orale ancienne.
Nés en Hesse, formés aux études juridiques et linguistiques, les deux frères s’intéressent très tôt aux racines culturelles du monde germanique. Leur travail de collecte donne naissance aux Contes de l’enfance et du foyer, ensemble de récits issus du patrimoine populaire. Ces histoires, parfois âpres, mêlent merveilleux, épreuves morales et figures archétypales.
Contrairement à une image édulcorée postérieure, les contes des Grimm conservent une dimension sombre et initiatique. La peur, la pauvreté, la ruse et la justice y occupent une place centrale. Le merveilleux ne s’y oppose pas à l’éthique : il en est le véhicule.
Leur entreprise s’inscrit dans une tradition européenne plus large. Charles Perrault, au XVIIe siècle, avait déjà fixé certains récits dans une forme littéraire française. Au XIXe siècle, Hans Christian Andersen prolongera cet héritage en transformant le conte populaire en création plus personnelle et poétique. Les Grimm, quant à eux, cherchent moins à inventer qu’à préserver.
Leur œuvre participe ainsi à la construction d’une mémoire culturelle commune. En recueillant ces récits, ils contribuent à transmettre un imaginaire où se reflètent les peurs et les aspirations des sociétés européennes.