Désolé, pas de résultat
Please try another keyword
00:00
François Villon (1431 – après 1463) incarne l’une des voix les plus singulières du XVe siècle. À la fin du Moyen Âge, sa poésie rompt avec la solennité courtoise pour introduire une parole mêlant dérision, confession et méditation sur la mort. Chez lui, la langue française devient à la fois populaire et savante.
Né à Paris, formé à l’Université, Villon connaît une existence errante marquée par les procès, les condamnations et l’exil. Cette biographie mouvementée nourrit son œuvre, notamment le Lais et le Grand Testament, où s’entrelacent satire sociale, autoportrait ironique et angoisse du temps qui passe. La figure du poète se confond avec celle du marginal.
Ses vers célèbres — notamment la Ballade des pendus — expriment une conscience aiguë de la fragilité humaine. La mort n’y est pas abstraction théologique, mais présence concrète. Cette lucidité, à la fois tragique et mordante, annonce une modernité poétique que l’on retrouvera plus tard chez Baudelaire, autre explorateur du mal et de la déchéance.
Villon s’inscrit également dans la tradition satirique française que prolongera Rabelais au siècle suivant, bien que son ton demeure plus sombre et plus personnel.
François Villon demeure ainsi une figure fondatrice de la poésie française. Son œuvre unit érudition universitaire et langage de la rue, ironie et prière, et rappelle que la littérature peut faire entendre la voix des exclus tout en atteignant une portée universelle.